11 pièges courants de la langue française : comment les éviter ?

Etre étudiant en droit c’est bien sûr apprendre ses cours, connaître les lois et jurisprudences, comprendre le fonctionnement des institutions et maîtriser le syllogisme juridique… mais c’est aussi savoir s’exprimer à l’écrit de manière claire et précise.

L’expression écrite est une compétence extrêmement importante, qui vous sera demandée pendant toute votre carrière. Pour vous aider à vous améliorer, voici quelques exemples d’erreurs communes que vous ne devriez plus faire dans vos copies !

1. Pallier une difficulté

Nous sommes souvent tentés d’écrire « pallier à une difficulté ». Pourtant, le verbe « pallier » est un transitif direct : il n’est donc pas suivi de la préposition « à ». Attention également au sens de ce terme : souvent mal utilisé dans les copies, il ne signifie pas « résoudre » mais « masquer », « atténuer », « éviter ».

2. Un problème pécuniaire

Ce terme peut avoir toute sa place dans une copie de finances publiques, de droit fiscal ou d’économie – mais attention à ne pas en faire n’importe quoi ! Le mot « pécuniaire » est un adjectif invariable, qui tire ses racines du mot latin pecunarius. Oubliez donc le terme « pécunier », qui est parfois utilisé par des étudiants alors qu’il n’existe pas !

3. Un fond ou un fonds ?

Encore une fois, ce terme reviendra très souvent dans votre cursus. Afin d’éviter le chagrin des professeurs lors de vos corrections de partiels, pensez à l’écrire correctement ! Ainsi, on mettra toujours un « s » à « fonds » en droit. Avec un « s », le mot désigne le capital dont on dispose : un fonds d’investissement, un fonds de commerce…

4. Les locutions latines : a priori, a posteriori

Nombre d’étudiants sont tentés d’écrire « à posteriori » ou « à priori », et c’est une erreur : les locutions latines sont invariables. A posteriori vient de la locution « a posteriori ratione » qui signifie « en partant des données d’expérience ». Utilisez toujours ces formules telles quelles – et si vous rédigez à l’ordinateur, pensez à les mettre en italique !

Quelques exemples de locutions et leurs traductions :

  • A contrario : au contraire, inversement.
  • A fortiori : à plus forte raison.
  • A priori : de prime abord, à première vue.
  • Ab initio : depuis le début.
  • Ad hoc : à cet effet (souvent utilisée pour désigner une assemblée créée pour un but bien précis).
  • De facto : de fait.

5. « Parmi » et « malgré »

La règle est d’une simplicité confondante, et vous n’aurez aucune excuse si vous continuez de faire la faute : ces deux mots ne prennent JAMAIS de « s » à la fin !

6. « Longtemps, longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu ! » (Charles Trenet)

Hé bien alors, Charles, tu t’es trompé en conjuguant ton verbe ? Hé bien non, Charles a bien raison : contrairement à ce que pense une grande majorité d’étudiants, la locution « après que » doit toujours être suivie d’un verbe à l’indicatif. Oui, ça fait bizarre – car l’emploi du subjonctif est très courant, surtout à l’oral où il est très fréquent. Pourtant, c’est une erreur ! Petit moyen mnémotechnique pour ne pas oublier : remplacez « après que » par « lorsque » quand vous avez un doute.

7. Du coup

C’est un tic de langage qui ne veut rien dire ! Cette formule disgracieuse énervera sans aucun doute votre correcteur, et tout bon étudiant en droit sait qu’il est absolument interdit d’énerver son correcteur. Faites donc disparaître ces mots de vos copies, et vos chargés de TD vous en seront reconnaissants. Remplacez-les par « par conséquent », « de ce fait », « par suite de quoi », « à cause de cela », « en conséquence »…

8. Au jour d’aujourd’hui

A l’oral comme à l’écrit, cela doit disparaître de votre langage ! Préférez-lui la formule « à notre époque ». En effet, « au jour d’aujourd’hui » est un double pléonasme : en vieux français, hui était un mot à part entière qui signifie « le jour où l’on est ». Le trouvant trop court nous y avons rajouté « au jour » pour donner « aujourd’hui ». Mais alors y adjoindre « au jour » pour former « au jour d’aujourd’hui », c’est trop !

9. Si mes notes sont mauvaises au premier semestre, « j’étudierai » ou « j’étudierais » davantage ?

Si le « si » est suivi d’un présent, on utilise ensuite le futur, donc pas de « s ». En revanche, s’il est suivi d’un imparfait, on aura recours au conditionnel présent – on utilisera donc la terminaison « -ais » :

  • Si mes notes sont mauvaises au premier semestre, j’étudierai davantage.
  • Si mes notes étaient mauvaises au premier semestre, j’étudierais davantage.

10. « Autant » ou « au temps » pour moi ?

On écrit bien « au temps pour moi ». Mais pourquoi ? Sandrine Campese, experte en langue française, a retracé l’histoire de cette expression, qui puise ses racines dans le jargon militaire. Si l’anecdote vous intéresse, elle est expliquée ici en détails !

11. « Suite à »

Voilà une formule qu’on retrouve dans toutes les copies en droit et que les étudiants adorent ! Pourtant, « suite à » révèle une mauvaise utilisation de la langue française : cela ne se dit pas ! Chassez donc ces mots de vos devoirs et préférez-leur « à la suite de », « par suite de » ou « pour donner suite à ». Si vous vous emmêlez les pinceaux avec tout ça, faites simple et écrivez tout simplement « après ».


Il reste encore quelques semaines avant la rentrée scolaire : c’est le moment ou jamais d’améliorer votre maîtrise de la langue française ! Le Projet Voltaire, qui propose des cours et certifications sur le sujet, a mis en ligne un cahier de vacances gratuit qui pourra vous aider à présenter des copies irréprochables.

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